Gabon : les défis de la croissance

Le Gabon connait un taux de croissance de près de 6% depuis 5 ans. Paradoxalement, plus de 30% des Gabonais vivent en du dessous du seuil de pauvreté. Comment renverser cette tendance ? Cette question était au cœur du débat organisé, le 9 octobre dernier, au stade d’Angondjé à Libreville, sous le thème : Une croissance pour tous. Un développement inclusif est-il possible ?, à l’occasion des travaux du Forum citoyen Libération.

Depuis 5 ans, le Gabon connaît un taux de croissance de près de 6%. Malheureusement, plus de 30% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le chômage des jeunes se situe autour de 30%. Bon nombre de citoyens ont encore du mal à accéder au service de base notamment à l’eau potable, le logement et l’électricité. Le défi du Gabon 2015 est de faire en sorte que la majorité de la population profite des fruits de sa croissance.

Le soutien au secteur privé

A la question de savoir que faut-il faire afin que les fruits de la croissance économique se traduisent en mieux être pour la majorité des Gabonais, Jean Baptiste Bikalou, président de la Chambre de Commerce du Gabon avance qu’il « faut former les jeunes, en adéquation avec l’offre du marché du travail et qu’il faut également mettre en place des mécanismes, afin de dynamiser le secteur privé qui a du mal à décoller ». Il suggère aussi la mise en place des conditions fiscales susceptibles d’attirer les gros investisseurs aux Gabon. Ce qui, à terme, contribuera, selon lui, à donner une bonne santé financière aux PME locales, lesquelles travaillent dans la chaîne de la sous-traitance et participent au mouvement de la création des richesses et de la lutte contre la misère. Il a proposé également le développement du commerce sous-régional comme solution pour un développement inclusif du pays.

La bonne gouvernance

Alain Joyandet, député français par ailleurs ancien secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie qui prenait part au débat, a proposé également des pistes de solutions pour booster l’économie. Il suggère notamment la bonne gouvernance, l’organisation des PME autour d’un réseau et la mise en place des mécanismes d’encouragement et d’encadrement des entreprises. Des propositions que partage également la ministre gabonaise du Commerce, Madeleine Berre, qui préconise par ailleurs la mise en place d’une fiscalité attractive et le soutien public à la création d’entreprises. L’ancienne patronne des patrons a annoncé le lancement imminent d’une opération d’identification des PME locales. Objectif : donner des outils aux entreprises et leur permettre d’avoir une bonne vitalité, chacune dans son domaine d’activité.

La formation des jeunes

Pour Sylvie Dossou, responsable pays de la Banque mondiale pour le Gabon et la Guinée Equatoriale, la résolution des problèmes de pauvreté en Afrique et au Gabon passe par le développement du capital humain à travers la formation des jeunes, futurs cadres du continent.

60 000 emplois créés en 5 ans

60.000 emplois ont été créés au Gabon depuis 5 ans dont 36.000 dans le secteur public, selon des chiffres officiels. Plus de 2.000 entreprises ont été créées dans les secteurs du pétrole et des mines. Le gouvernement a mis en place le pacte d’ajustement pour la compétitivité qui devrait permettre de booster le développement du secteur privé et la diversification de l’économie. En quelques années, le taux de croissance hors pétrole a atteint 11%. En mettant un accent particulier sur la lutte contre la corruption, le pays peut atteindre un niveau de développement inclusif « extraordinaire », selon Georges Mpaga, leader de la société civile.

Financement des AGR

Le gouvernement gabonais a pris un certain nombre de mesures depuis 2009, afin que les fruits de la croissance profitent à la majorité des citoyens. Entre autres, la construction de nouvelles infrastructures routières, la création de nouvelles infrastructures sanitaires et scolaires, l’augmentation des bourses aux étudiants, la revalorisation des salaires et des allocations familiales, la généralisation de l’assurance maladie à tous les Gabonais, ainsi que la prise en charge totale du traitement de certaines pathologies redoutables. Il y a eu également, dans la même veine, le lancement du projet de financement des activités génératrices de revenus (AGR) au profit des personnes économiquement faibles à travers le fonds national d’aide sociale (FNAS). En même temps, le gouvernement à lancer le plan de développement de l’industrie locale et de la transformation des matières premières dans le secteur du bois et des mines pour favoriser la création d’emplois et la lutte contre le chômage des jeunes.

Source : ANA