Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire : le gouvernement autorise l’importation de 150 000 tonnes de ciment.

Côte d’Ivoire : le gouvernement autorise l’importation de 150 000 tonnes de ciment.
Foune Diarra

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Le prix du ciment grimpe en catastrophe depuis quelques mois en Côte d’Ivoire. D’une ville à l’autre les prix au consommateur final varient à l’achat selon un taux d’inflation allant de 15 à 25%. A Abidjan par exemple, le prix du sac de ciment de type CPK 32.5 est passé de 4500 FCFA avant février 2017 à 5500 FCFA après ce mois, tandis qu’à Daloa, ce produit est passé de 5000 FCA à 6000 FCFA à sur la même période.

C’est pourquoi, les ministres ivoiriens du Commerce et de l’Industrie sont en première ligne alors que le gouvernement vient d’autoriser exceptionnellement l’importation de 150 000 tonnes de ciment.

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Cette autorisation court de mai à juillet et vise à répondre à la pénurie qui frappe le marché ivoirien.

Une situation surprenante, étant donné que les trois industriels du secteur, LafargeHolcim Côte d’Ivoire, filiale du numéro 1 mondial des matériaux de construction, Société des ciments d’Abidjan (SCA) et le marocain Cimaf ont une capacité de 4,15 millions de tonnes pour des besoins locaux estimés à 3,7 millions de tonnes. Les professionnels pointent des problèmes récurrents de distribution et de production.

Sur les marchés, le prix du ciment a connu une forte hausse, passant d’environ 90 000 F CFA à plus de 100 000 F CFA la tonne, dans un contexte de ralentissement des cadences de livraison et de manque de véhicules d’approvisionnement.

À Abidjan, les opérateurs s’accusent mutuellement. Les industriels accusent les grossistes de pratiquer la spéculation pour engranger d’importantes marges, tandis que ceux-ci suspectent les industriels de créer un gap artificiel pour pouvoir bénéficier des avantages fiscaux liés aux importations.

Le gouvernement brandit des sanctions pécuniaires comprises entre 100 000 et 100 millions F CFA contre les opérateurs qui feraient grimper artificiellement les prix. Selon les chiffres du ministère du Commerce, au 1er trimestre 2017, la production de ciment était de 918 582 tonnes pour une demande de 972 082 tonnes, soit un déficit de 53 500 tonnes.

« Pour faire face à la situation conjoncturelle actuelle et faire baisser la tension sur les prix, le gouvernement a décidé de mener une opération d’importation de 150 000 tonnes » a annoncé Souleymane Diarrassouba, le ministre du Commerce, des PME et de l’Artisanat, qui co-animait hier soir une conférence de presse avec son collègue Jean-Claude Brou, ministre des Mines et de l’Industrie. Seuls les industriels ont l’autorisation d’importer durant cette période.

C’est la deuxième fois depuis 2015, que le gouvernement prend une mesure urgente d’importation. La précédente autorisation, il y a deux ans, portait sur 300 000 tonnes.

Dopée par une forte croissance économique et d’importants investissements dans les infrastructures, le marché ivoirien du ciment attise les convoitises. Lafarge Holcim prévoit de doubler ses capacités à 2 millions de tonnes par an avec la mise en service dans les prochains mois d’un nouveau broyeur, pour un coût de 23 millions d’euros. Cimaf prévoit de démarrer sa production dans la deuxième ville portuaire du pays, San Pedro, en juin. La construction de son usine à Bouaké, deuxième ville la plus peuplée du pays, doit démarrer en mai. Ces installations doivent porter les capacités en Côte d’Ivoire du groupe marocain de 1 million de tonnes à 2,5 millions (extensibles à 4 millions), et de créer plus de 600 emplois directs et indirects.

S’ils sont menés à temps, les projets en cours doivent porter les capacités de production du pays à près de 7,65 millions d’ici la fin 2017.

Souce : Jeune Afrique

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Foune Diarra

Titulaire d’un Master 2 en Ingénierie financière de l’Université François-Rabelais de Tours, elle embrasse le journalisme par passion il y a plusieurs années. Avant de rejoindre Afrique Review, elle a suivi plusieurs formations en journalisme et a prêté sa signature à des médias au Maroc et en France. Egalement passionnée d’entrepreneuriat, elle s’intéresse particulièrement à son évolution dans cette Afrique en mouvement.

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